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BEAUVAIS Bien plus
qu'un simple maire
Samedi 15 Octobre 2011

Patrick Perimony, maire de Blargies.
Patrick Perimony, maire de Blargies, a pris une assurance spéciale qu'il paye de sa poche, pour couvrir les risques liés à sa fonction de maire..
L'assemblée générale des maires de l'Oise a lieu aujourd'hui à l'Élispace de Beauvais. Toujours plus sollicité, le maire devient parfois un homme à tout faire : témoignages.
Fontaine-Bonneleau, petite commune de 300 habitants au nord de l'Oise, dans le canton de Crèvecoeur-le-Grand. «Ce matin l'institutrice était en retard, j'ai reçu un message, elle me demandait de
garder les enfants, le temps qu'elle arrive.» Cette fois, Didier Cornet n'a pas pu y aller, «j'ai reçu trop tardivement le message.»
Mais ce n'est que partie remise. Un autre jour peut-être, il jouera les maîtres d'école. Dans les petites communes, c'est un fait : le maire est homme à tout faire, on l'appelle pour des urgences
souvent «toutes relatives : le chien qui aboie à 3heures du matin et empêche les voisins de dormir, le gamin qui s'est blessé à l'école et pour lequel il faut appeler les pompiers, les vaches qui se sont enfuies de leur champ et errent sur la chaussée... J'ai mis en place des permanences en mairie. J'ai parfois l'impression de remplacer le curé. Les gens se confessent, on m'y parle de problèmes d'ordre privé», raconte Gérard Quesnel, maire d'Avrechy.
Certains franchissent le cercle privé, pour le bien de tous : «Je suis intervenu récemment dans un conflit entre voisins. L'un se plaignait que les hêtres centenaires de l'autre empiétaient sur son terrain.» Dans ce cas-là, l'élu essaie de faire de la
médiation, de rappeler le droit rural. Ce n'est pas mon rôle, mais certains habitants auraient tendance à sortir le fusil pour ce genre de choses. J'essaie donc de jouer l'apaisement, et ça a
fonctionné», raconte Patrick Perimony, maire de Blargies, une commune à l'ouest de l'Oise.
L'intervention du maire est salvatrice, elle est parfois
héroïque, à l'instar de l'hiver dernier, à Fontaine-Bonneleau : «Il avait beaucoup neigé. Je suis aller chercher un engin de levage et avec un agriculteur de Catheux, nous avons déneigé et
escorté un corps du funérarium de Grandvilliers jusqu'à Fontaine-Bonneleau où il devait être enterré.»
Le maire rural est finalement un «homme orchestre.» « Nous n'avons pas de grandes équipes ou de
directeurs pour assumer à notre place. Alors nous faisons tout», explique Jean-Philippe Vichard, maire de Breuil-le-Vert. Le premier magistrat est si proche de ses
administrés que ceux-ci en deviennent envahissants. «Lorsque je vais chercher le pain, mon épouse me dit: à demain!», raconte Jean-Claude Pellerin, maire de Fitz-James.
Conséquence de cette proximité accrue, le premier magistrat est aussi exposé, à l'erreur comme à la vindicte de ses administrés. «Les gens vous prennent
parfois à partie», lâche un maire. «Si par malheur, vous mécontentez quelqu'un, en refusant un permis de construire par exemple, la sanction est quasi
immédiate: il ne votera pas pour vous aux prochaines élections», s'exclame le maire d'Avrechy.
Si les maires sont «solidaires», du côté de Blargies, Patrick Perimony a pris «une assurance», laquelle couvre «toutes les conséquences des décisions que je suis amené à prendre.» Une
garantie, «si ça tourne mal », qui lui permet d'obtenir les services d'un avocat en cas de problème. Cette assurance, « n'est pas obligatoire»,
il la paye sur ses deniers personnels. Preuve que sa fonction de maire mord sur sa vie privée.
SYLVIE MOLINES ET MATTHIEU HERAULT